Année 1823

1° janvier 1823 Annales du Musée d’Aquitaine
Les Bordelais ont été étrennés hier des Annales du Musée d’Aquitaine, journal littéraire que nous avons précédemment annoncé. Il se compose de trois gravures et de quatre vignettes lithographiées à Bordeaux par un sieur Légé, assez mauvais graveur. Suivent 50 pages d’impression, dont la moitié est consacrée à une notice historique sur l’ancienne Aquitaine et le restant à des fragments de littérature qui tous ne sont pas relatifs au pays, car il y a l’analyse de l’almanach des Muses et une notice sur l’Italie. Ce premier numéro n’est pas d’un favorable augure pour le succès de ce recueil, auquel il paraît que 220 personnes s’intéressent, suivant la liste de ses souscripteurs, imprimée à la tête sous le titre de Fondateurs des annales. Au reste, nous ne voyons pas pourquoi on appelle cela Musée d’Aquitaine, car depuis des siècles on ne connaît plus d’Aquitaine.

Jean-Baptiste Légé (1779-1846) est un lithographe bordelais qui a mis au point un procédé d’impression lithographique. Cette technique est une innovation pour le décor imprimé, moins couteuse que le procédé anglais de report de la gravure en taille-douce sur cuivre

10 janvier 1823 Le capitaine Desse
On apprend que M. Desse, capitaine de la Julia de Bordeaux, a secouru dans les passes du cap de Bonne Espérance un navire hollandais naufragé et est parvenu, après cinq jours de station près des débris de ce navire, à en sauver tout l’équipage après beaucoup de soins et sans courir de plus grand danger. Cet acte de courage et de dévouement mériterait d’être récompensé autrement que par une gravure de ce naufrage, lithographié par le sieur Légé.

Le Capitaine Pierre Desse (1760-1839) prend à Bordeaux le 24 avril 1822 le commandement de La Julia à destination de l’île Bourbon. C’est au cours de cette navigation qu’il sauve le Columbus. En récompense il est nommé dans l’ordre de la Légion d’honneur en 1823 et décoré de l’ordre du Lion-Belgique par le consul de Hollande à Bordeaux. La même année, la Chambre de commerce de Bordeaux fait frapper une médaille en son honneur. Mais, à la suite d’une sentence arbitrale prononcée à Bourbon, puis d’un procès jugé à Amsterdam, il est déclaré responsable de la perte des marchandises du Columbus qu’il avait fait jeter à la mer, et doit payer une somme totale de 87.550,37 francs. Il n’obtient de la générosité du roi de Hollande, dont il avait sauvé les sujets, que 20.000 francs. Menacé de contrainte par corps, il est donc obligé, pour s’acquitter de sa dette, de vendre La Julia. Le capitaine Desse demeure alors à Bordeaux, 72 rue de la Grande-Taupe.

13 janvier 1823 Les serveuses du Café Provençal
Il a été ouvert hier aux allées de Tourny un café qui est uniquement servi par des femmes. Cette nouveauté y attire beaucoup de monde, qui n’est pas toujours tranquille et décent. L’enseigne de cette maison est : Au café provençal.

17 février 1823 Bateau à manège du perruquier Troquart (sic)
On vient d’essayer un bateau dit à manège, inventé par un perruquier et qui est destiné à aller contre vents et marées au moyen d’une mécanique mise en jeu par un cheval. L’expérience a très mal réussi et l’on croit que l’inventeur aura de la peine à démêler tout cela. Il se nomme Troquart.

Dans l’ouvrage Description des machines et procédés spécifiés dans les brevets d’invention, 1831, on trouve mention d’un Brevet d’invention en date du 31 mars 1821 : Brevet d’Invention de dix ans, pour une machine destinée à être adaptée à un bateau à canal pour remonter contre le courant, à l’aide d’un manège à chevaux établi sur le bateau et d’une chaîne garnie de rames à mouvement de rotation, lequel bateau peut marcher en avant et en arrière sans changer la direction de la marche du manège, ni celle de la marche des chevaux, Au sieur Touchard (Pierre), de Bordeaux.
Il semble que Bernadau ait confondu le sieur Touchard avec le perruquier Troquart qui avait caché les Girondins à Saint-Emilion …

25 février 1823 Société chirurgico-médicale
Installation à l’Athénée de Bordeaux d’une réunion de jeunes médecins ou chirurgiens qui, ne pouvant être de la Société royale de médecine de cette ville, ce sont constitués en société chirurgico-médicale après avoir pris les autorisations nécessaires dès le mois de décembre passé. Cette société nouvelle informe le public de son existence en établissant un comité de vaccinations gratuites. Tous ces médicastres veulent faire du bruit et travailler pour leur compte, la pauvre humanité souffrante et payante. Il en est de cette profession comme de toutes les autres, où une jeunesse avide de primes se soustrait de bonne heure aux maîtres qui la forment pour s’établir à côté d’eux, sans avoir acquis l’expérience nécessaire, car, dans ce siècle, peu sont assez raisonnable pour attendre la maturité de l’âge qui donne l’activité et les connaissances indispensables à celui qui veut voler de ses propres ailes. Tous veulent commander, même ceux qui savent à peine obéir.

2 mars 1823 Une séance d’exorcisme
Les prêtres ont donné aujourd’hui la première représentation d’une scène qu’aucun bordelais ne se rappelle d’avoir vu exécuter dans cette ville et qu’il est étrange d’y voir jouer par permission de la police. Depuis quelques mois, on parlait d’une nommée Jeanne Sarreau, femme de Christophe, cocher de fiacres, rue des Trois Conils, que les bonnes gens prétendent être possédée et chez laquelle les gens instruits ne voient qu’une grave maladie de nerfs, accompagnée de convulsions, augmentée par un grand fond de mélancolie et de superstition. Certains prêtres se sont emparés de cette femme et lui ont persuadé qu’elle avait le diable au corps et qu’elle était au moins obsédée, ce qui, suivant eux, est le préliminaire de la possession; car on n’ose pas parler de la possession qui est tombée en désuétude dans ce siècle, parce qu’on s’en est trop moqué dans le précédent. Aujourd’hui donc dimanche, à 4 heures de l’après-midi, la-dite Sarreau a été conduite dans une chapelle particulière tenue par l’abbé Davin, rue Margaux, pour y être exorcisée en bonne et due forme par l’abbé Debrosse, ex jésuite, directeur de l’école ecclésiastique de Bordeaux. Ce prêtre était assisté de quelques autres, comme le chanoine Guyonnet, le vicaire Martegout, etc… Il y avait ensuite le commissaire de police Lelong, MM. Archbold et Berthet, médecins et M. Mestivier, chirurgien. Indépendamment de ces particuliers appelés d’autorité à l’exorcisme, on avait admis une trentaine d’amateurs, hommes et femmes qui étaient protégés par les prêtres ou les médecins fonctionnant dans la cérémonie et qu’on imagine être ultra-croyants. Lorsque la femme Sarreau fut introduite dans la sacristie de la Chapelle, une dame Davin lui demanda comment elle se portait. Elle lui répondit d’une voix assez douce, mais d’un ton triste : Je vous remercie, Madame, je suis mieux, un peu mieux, assez bien. Et vos enfants, ajouta la même dame, comment sont-ils ? Alors, la femme Sarreau, avec le ton qui caractérise une mère tendre, répondit : vous êtes bien bonne, ils sont assez bien. Lorsqu’on l’introduisit dans la chapelle, elle dit d’une voix forte et qui n’était pas celle avec laquelle elle avait parlé : Encore tourmentée. J’observe que peu de temps auparavant, le Dr Archbold, parlant à demi-voix à une dévote, avait dit : quand elle est en crise, cela commence à aller bien.
Les amateurs étant introduits peu après dans la chapelle, j’ai vu la femme Sarreau assise et attachée par le milieu du corps sur un fauteuil, les jambes également attachées, tenue pas 6 personnes, deux aux jambes, deux aux cuisses et deux aux bras. Son mari lui tenait la tête par derrière le fauteuil. Durant les prières pour l’exorcisme, j’ai vu cette femme se démener beaucoup sur son fauteuil, grimaçant, roulant les yeux, la bouche écumante et le corps successivement roidi dans toutes ses parties, mais ne proférant aucune parole. L’exorciste Debrosse a demandé au diable, qu’il suppose dans le corps de la femme Sarreau, quel était son nom : Point de réponse. Quand il sortirait, comment il sortirait ? Le diable ou quoi que soit l’obsédé est resté toujours muet… Les bons croyants, que ce silence déconcertait, et qui voyaient que la cérémonie ne produisait pas l’effet attendu disaient que c’était bien malheureux et qu’il pouvait se faire qu’il se fut glissé dans la chapelle quelque incrédule. …
Enfin, l’exorciste termina la scène par un coup de théâtre. Il fit présenter le Saint-Sacrement par l’abbé Davin à la femme Sarreau en disant : je t’ordonne d’adorer et de te prosterner devant celui en présence duquel tout genou fléchit dans le ciel, sur la terre et aux enfers, et de reconnaître la présence de notre seigneur JC au Saint-Sacrement de l’autel. Alors cette femme ayant été détachée de son fauteuil, elle s’est précipitée comme une masse devant le prêtre en disant d’une voix douce et naturelle : je crois que son corps, son sang, son âme et sa divinité sont réellement contenus dans l’hostie. Cette réponse qui est celle que les enfants apprennent dans le catéchisme, parut satisfaire les croyants qui reprirent leur air de confiance dans la cérémonie qui se termina là. …
Il nous paraît résulter de tout ceci que la femme Sarreau est malade de corps et d’esprit et que les prêtres ont tiré partie de son espèce d’aliénation mentale pour faire une scène qui peut tourner à leur profit. Cette femme est d’une très faible complexion. Elle est maigre, petite et d’un tempérament mélancolique. Elle a subi de violents chagrins par suite de la mort d’un de ses enfants. Lorsque son enfant mourut, elle fut consulter ce qu’on appelle un Devin qui lui dit que cette mort provenait du mal ou sort jeté sur cet enfant. Ayant parlé de cette consultation à son confesseur, celui-ci la reprit sans doute avec aigreur sur cette conduite, et les reproches qu’il aurait adressé à cette malheureuse femme lui auront fait peur de l’enfer. Cela aura réveillé en elle des idées superstitieuses auxquelles elle se sera abandonnée. On dit ensuite qu’elle est jalouse de son mari, tout en craignant pour la damnation de celui ci qui, après avoir capté un sien oncle pour se faire faire une donation de ce qu’il possédait, l’a laissé mourir de misère. Il est de plus connu qu’elle est attaquée d’une maladie qu’on a essayé de guérir et qui provient d’une ulcération à la matrice et d’un dépôt de lait.
L’influence du physique sur le moral aura été augmenté par la crédulité et l’ignorance naturelles aux gens du peuple qui sont habitués à trouver des causes extraordinaires aux infirmités rebelles aux secours de l’art. Il se peut que le devin ait encore été consulté sur les maladies dont elle est affligée et qu’on aie vu quelque sortilège. Le mari aura pu accréditer cela, d’autant qu’il avait des rapports habituels avec les prêtres, ses voitures étant exclusivement employées par les prêtres et par l’archevêque. Voilà qui explique le mystère de l’obsession ou possession dont on a gratifié cette femme pour le profit de la sacristie.
Au reste, nous ne voyons dans tout ce qu’on en dit rien d’extraordinaire. Suivant les gens d’église et les rites du diocèse, un possédé doit faire des choses surnaturelles, comme de deviner les choses secrètes ou éloignées, lever des fardeaux au-dessus de ce que peut la force humaine, parler les langues qui lui sont très inconnues, s’élever en l’air, enfin dire et faire des choses qui ne sont pas dans l’ordre ordinaire.

En 1781, toute la ville allait voir la fille du sacristain de Saint Genes de Talence que les prêtres disaient possédée parce qu’elle faisait, à des intervalles donnés, des contorsions épouvantables et parlait comme les ventriloques. On voulait l’exorciser malgré l’avis des médecins qui assuraient que ce n’était que le produit de vapeurs hystériques. Au bout de sept mois de grimaces, la prétendue possédée retira beaucoup d’aumônes, elle mit au monde un enfant qui ne provenait pas du diable et les convulsions cessèrent…

En 1826, l’abbé Martial Marcet de la Roche-Arnaud écrit dans Les Jésuites modernes : pour faire suite au Mémoire de M. le Comte de Montlosier :
« Tandis que le P. Debrosses était à Bordeaux, il avait obtenu de l’archevêque la permission d’exorciser une pauvre femme qu’il croyait atteinte d’une maladie nerveuse. Tous les jésuites virent des miracles où personne ne put en voir. Ils en remplirent de longs Mémoires qu’ils voulurent faire signer au prince Justiniani, nonce d’Espagne, qui se trouvait dans leur maison de Bordeaux. Le nonce refusa de signer. Le jésuite superstitieux poursuivit toujours son exorcisme, en dépit des médecins, du bon sens et de la raison. Mais comme le diable ne voulut jamais sortir du corps de cette malheureuse aux menaces d’un jésuite, le Provincial, pour sauver l’honneur de sa Compagnie, le fit venir à Paris, laissant cette femme dans ses convulsions plus violentes encore, et persuadée de plus que l’esprit malin la tourmentait. Le P. Debrosses n’est ni un homme d’esprit, ni un théologien, ni un administrateur; il n’est qu’un pauvre orgueilleux et un aveugle partisan de la vie dévote, mais cela suffit pour être un parfait jésuite. »

Dans Histoire des Séminaires de Bordeaux et Bazas (P. Bertrand, 1844), on trouve mention de cette affaire : « Au mois de mars 1823, le P. Debrosse « quitta la ville de Bordeaux par ordre de son provincial ». Depuis trois mois, il exorcisait sans aucun succès une femme qui se croyait ou se disait possédée du démon. Comme il arrive d’ordinaire en pareil cas, le clergé était divisé de sentiment, les uns avec le P. Debrosse tenant pour, les autres se prononçant contre la réalité de la possession; et comme d’ordinaire aussi, surtout dans les temps et les pays de peu de foi, l’incrédulité railleuse déversait le ridicule sur les exorcismes de l’Église et sur les exorcistes : de là l’éloignement, provisoire d’abord, puis définitif, du P. Debrosse. Il fut remplacé dans le périlleux ministère de chasseur du démon par l’abbé Dasvin, vicaire de Saint-Michel, à Bordeaux, lequel continua pendant douze mois encore à exorciser la possédée vraie ou prétendue telle. Enfin, Mgr D’Aviau voulant soumettre la chose à un examen plus approfondi, nomma une Commission composée de quatre membres, du nombre desquels était M. Carbon, supérieur du Grand Séminaire. Ceux-ci, « tout en reconnaissant qu’il y avait dans cette femme des choses extraordinaires inexplicables », déclarèrent « n’avoir trouvé en elle aucun signe évident de possession ». En apprenant cette conclusion, Mgr D’Aviau fit cette réponse : « Oui, dit-il, maintenant, je commence à croire que, durant les exorcismes, cette femme était plus obsédée que possédée. »

6 mars 1823 Derivis, chanteur Basse taille
Derivis, Basse-taille de l’opéra de Paris, a débuté hier à Bordeaux dans Oedipe. Il est beau chanteur, mais acteur peu agile et surtout fort grimacier. Les places sont augmentés d’un tiers du prix ordinaire. Il ne fait pas foule.

Henri-Étienne Dérivis (1780-1856) était un chanteur d’opéra, père de Nicolas-Prosper Dérivis (1808-1880), qui semble avoir eu une carrière plus considérable.
Basse taille se dit d’une voix juste au-dessus de la basse. On préfère maintenant le terme baryton.

29 mars 1823 Télégraphe
On a vu aujourd’hui commencer à jouer le télégraphe de Bordeaux, toute la ligne de Bayonne à Paris étant terminée. Il est établi sur le clocher de Saint-Michel avec double appareil. On remarque qu’en France les moyens de correspondance ont été activés au profit du despotisme, car la Poste aux lettres a été inventée sous Louis XI et le télégraphe sous la Convention nationale.

30 mars 1823 Habits et modes
On ne sera peut-être pas fâché de retrouver un jour un coup d’oeil sur les modes suivies en France cet hiver ; cela tient à l’histoire contemporaine. Les hommes ont substitué au carric de l’an passé un simple manteau espagnol qui s’attache par devant avec un cordon en or que l’on noue et dont les glands pendent de chaque côté et font décoration. Les dames mettent par-dessus leur robe une longue marotte en soie avec coqueluchon enjolivé de couleur rose. Celle de la marotte est ou violette ou boue-de-Paris. Ce costume n’a pas ni l’élégance, ni la richesse de la mante fourrée que l’on portait avant la Révolution. En général, les habillements nouveaux des deux sexes ont actuellement le défaut d’ être lourds, trop amples et peu riches.

Le carrick était une très ample redingote à deux ou plusieurs collets.
Dès avant la Révolution, les élégants se pavanaient dans des habits couleur Boue de Paris, ou couleur Suie des cheminées de Londres, ou couleur Sang de bœuf.

2 avril 1823 Assurances contre les incendies
Il y a eu ce soir deux incendies en deux endroits opposés de la ville, l’un rue de la Course, l’autre à une raffinerie près Sainte-Croix. On ne fait guère plus attention aux évènements de ce genre depuis qu’on peut en faire assurer les risques, même ceux des personnes qui se brûlent.

De nombreuses notices sont consacrées aux incendies de propriétés dans Bordeaux. Dans certains cas, Bernadau laisse entendre que le sinistre, couvert par une assurance, aurait pu ne pas être fortuit.

7 avril 1823 La duchesse d’Angoulême à Bordeaux
La duchesse d’Angoulême est arrivée hier à Bordeaux, à 3 heures de l’après-midi. Comme on l’attendait sur la fin du jour et qu’on n’avait pas eu la précaution de placer un courrier au passage de la Dordogne pour prévenir de l’approche de la princesse, la mairie n’était pas rendue à son poste pour la recevoir à la descente de sa voiture en cette ville. On l’a fait attendre sous une tente qui était préparée sur la place Bourgogne, pendant que la mairie et la garde nationale se soient réunies. La princesse, dans une calèche découverte où étaient deux dames d’honneur, s’est rendue au Château royal, en passant par le port, les rues du Chapeau Rouge, de l’Intendance, la place Dauphine, les rues Bouffard, Montbazon et du Château. On avait préparé, pour l’entrée solennelle, une espèce d’ovation, comme celle qui eut lieu le 8 mai 1815. Lorsque la princesse a voulu monter en voiture après avoir été haranguée sous le pavillon de la porte Bourgogne, un groupe d’hommes s’est présenté après avoir dételé les chevaux, s’est mis à traîner la voiture; Cependant, les traineurs (note de Bernadau : ils étaient au nombre de 20, tous dans la classe ouvrière et plusieurs reconnus pour des agents de police ;
ils avaient été convoqué expressément pour ce service comme pour représenter les habitants de Bordeaux. Cela avait un peu l’air de l’entrée d’Iphigénie, traînée dans son char par des garçons de théâtre. Les gens sensés souffraient de la bassesse de ces nouveaux chevaux-baptisés, comme on les surnomme généralement) ont mal rempli leur mission, car n’étant pas remplacés par le peuple comme ils s’y attendaient, il a fallu leur donner pour adjoints des chevaux qui ont été placés en arbalète au timon de la voiture depuis le quai de la Douane, où elle a fait une station. En cet endroit s’est présenté pour haranguer la princesse un groupe de femmes du peuple, ayant à leur tête la loueuse de chaises de Tourny, Anniche Duranthon, la même qui fut, il y a trois ans, offrir un berceau au duc de Bordeaux de la part de nos harengères qui avaient recueilli à cette occasion une souscription dans cette ville. La-dite Anniche, décorée d’une médaille qu’elle reçut dans cette occasion de la duchesse de Berry, a présenté à la princesse un drapeau blanc qui a été porté avant la voiture. Des exclamations plus ou moins bruyantes ont accueilli le cortège sur sa route. On a remarqué que l’affluence des spectateurs n’était pas grande et que les canons de la rade ont peu tiré, parce que cette entrée a eu lieu avant l’heure sur laquelle on comptait qu’elle se ferait. Il n’y avait pas de musique, la garde nationale n’étant pas encore à son poste, non plus que la plus grande partie des fonctionnaires publics. Cette fête a manqué de solennité par l’imprévoyance de la mairie qui l’avait négligemment dirigée. Elle a mal fait les honneurs de la ville pour vouloir y mettre trop d’appâts.
Le soir, la princesse a paru un moment au Grand théâtre. On a chanté en son honneur des couplets assez mesquins qu’on attribue à M. Tenet, un des chefs de la légion de la garde nationale, et qui avaient été vendus en ville dans l’après midi, circonstance un peu inconvenante. Ce matin, les diverses autorités ont été reçues au Château royal ; Les prêtres ont pris le pas pour la présentation.
Quoiqu’on dise que c’est pour avoir plus facilement des nouvelles de son mari que la duchesse d’Angoulême est venue résider à Bordeaux, ce voyage ne laisse pas d’avoir un but politique secret, comme d’exhaler ou de comprimer au besoin l’opinion publique.

Les jours suivants sont largement consacrés aux activités de la duchesse d’Angoulême : visite de l’intérieur du Pont de Bordeaux (20 avril), passage en revue de la garnison et de la Garde nationale, « plaisir assez singulier pour une femme » (24 avril), bénédiction de la chapelle de l’hôpital militaire de Caudéran et visite de la Bibliothèque publique (30 avril), puis départ pour Toulouse (2 mai). On trouvera un récit détaillé de cette visite dans les Etrennes Bordelaises ou détail général du séjour de Madame à Bordeaux, 1824.

On apprend aussi le licenciement du jardinier du Château royal par ordre de la duchesse « qui a été informée qu’il lisait les journaux libéraux » (10 mai).

30 avril 1823 L’hôpital militaire de Caudéran
On a fait aujourd’hui la bénédiction de la chapelle établie au nouvel hôpital militaire qu’on vient de bâtir sur le terrain où étaient les Montagnes russes de Beaujolais. L’archevêque y a fait les cérémonies d’usage auxquelles la duchesse d’Angoulême a assisté. Cet établissement nécessite de nouvelles dépenses que l’état des finances de France aurait bien dû faire retrancher, d’autant que, de tous temps, les soldats de la garnison ont trouvé dans l’hôpital Saint-André un logement suffisant pour eux.

Le Guide ou conducteur de l’étranger à Bordeaux de 1826 précise qu' »un hôpital militaire a été construit chemin de Caudéran, après la maison dite Bel-Orme, dans l’établissement ci-devant Bojolais. Il est régi par une administration particulière militaire. »

Un Album du voyageur à Bordeaux (sans date) indique : « L’Hôpital militaire était autrefois un lieu de plaisance. Cet édifice, situé sur le chemin de Caudéran, a été construit, il y a environ quinze ans, par M. Bojolay, ancien directeur de théâtre. On y donnait alors des fêtes comme celles que l’on donne aujourd’hui dans l’établissement de Vincennes. Des montagnes russes y avaient été construites sur un tertre artificiel; mais un jour la terre s’éboula : on eut à déplorer des accidents assez graves, et la prospérité de l’établissement fut compromise. Ces bâtiments sont aujourd’hui la propriété d’un négociant de notre ville, à qui le gouvernement les a loués pour y établir un hôpital exclusivement réservé aux militaires. Cet édifice, construit avec simplicité, n’offre rien de curieux sous le rapport architectural. Un médecin et deux chirurgiens sont spécialement attachés à l’établissement. »

5 mai 1823 Caricatures de Galard
Il parait un petit recueil périodique de caricatures bordelaises gravées au trait, sous le titre d’Album Bordelais. M. de Galard, ancien noble ruiné, en fait les planches et discours. Ce journal ne fera pas fortune et il y en a déjà trop ici.

En 1823, Gustave de Galard fait paraître un recueil intitulé L’Album bordelais ou Caprices, suite de lithographies réalisées dans l’atelier de Cyprien Gaulon, le lithographe de Goya à Bordeaux. On trouve dans cet album, aussi bien des portraits que des vues de monuments bordelais ou des scènes populaires, dont la célèbre « Marchand de mort-aux-rats ».

31 mai 1823 Nouvelle église Saint Nicolas des Graves
On bâti une nouvelle église dans la rue de la Fontaine pour la paroisse de Saint Nicolas des Graves. L’ancienne église pouvait encore servir longtemps, ayant été restaurée et agrandie il y a trois ou quatre ans. Le goût du luxe gagne les prêtres comme les autres.

Dans ce secteur d’étendues marécageuses, l’église Saint-Nicolas-de-Graves était connue au Moyen-Age comme hôpital des lépreux (les gahets ou gaffets). Démolie juste après la Révolution, la nouvelle église Saint-Nicolas-de-Graves a été édifiée, à 300 mètres de l’ancienne, par l’architecte Poitevin dans les années 1820, puis restaurée et agrandie à plusieurs reprises.

26 juin 1823 Les Bains flottants
On a lancé hier la charpente des bains flottants dont l’établissement est autorisé devant Bordeaux. L’énorme poids de cette charpente l’ayant empêché de glisser sur le chantier où elle a été construite, elle s’est brisée en deux pièces avant d’arriver dans la rivière. L’invention de ces bains appartient à sieur Dau…(?) qui les a fait construire au moyen des fonds provenant d’une société d’actionnaires. Ce petit inconvénient occasionne de grandes dépenses pour y remédier.

30 juin 1823 Bains publics et école de natation
Ouverture de bains et école de natation dans l’ancien moulin des Chartrons, actuellement possédé par un marchand de vin nommé Laffite. Le prix du bain et de 15 sous et celui de leçons de natation 25. On doute que cela puisse prospérer ici. À ce propos, nous noterons ici qu’on va construire dans le terrain du Château Trompette un bâtiment qui doit servir à un établissement de bains publics et qui est proposé par M. Cambon, ancien négociant.

Le Guide ou conducteur de l’étranger à Bordeaux de 1827 décrit ces établissements :
« L’ouverture de cette école s’est faite le 10 novembre 1822, en présence des autorités et à la satisfaction de tous les habitants de cette ville. Le bassin a 1000 pieds de long sur 42 de large, il est revêtu d’une muraille et carrelé en pierres dures. Entretenu par les eaux du fleuve reçues et évacuées à volonté au moyen d’écluses qui ont cinq pieds d’élévation, il n’a point à redouter les envasements, des canaux de chasse supérieurs ayant été prudemment ouverts pour le nettoyer tous les jours. M. Lafitte a su concilier la commodité du service, l’utile et l’agréable. En cas de pluie, les élèves se trouvent à l’abri sous une voûte qui recouvre le bassin sur une longueur de 120 pieds. Cent loges, pratiquées autour d’une galerie couverte, reçoivent leurs vêtements; ils peuvent se promener dans un jardin entouré d’arbres et d’une contenance d’environ 4000 toises de superficie. A quelque distance et au sud du bassin de l’école, M. Lafitte en a ouvert un autre de même dimension destiné aussi à des bains publics, réservés à la classe indigente et aux militaires en garnison à Bordeaux. On prévoit tous les résultats d’une si belle entreprise dans une ville maritime qui compte un nombre considérable de marins parmi ses enfants, dont quelques-uns chaque année périssent dans les eaux de la rivière, ou par ignorance ou par frayeur.
En même temps que M. Lafitte exécutait l’idée d’une école de natation à Bordeaux, d’autres citoyens (M. Rivière) non moins recommandables concevaient celle d’un pareil établissement dans la partie sud de la Garonne à la droite du pont. C’est une véritable école de natation, ce sont de vrais bains de rivière flottants, pour lesquels il a fallu vaincre des diflficultés qui en avaient retardé la construction. Depuis cinq années qu’ils sont établis, le nombre de jeunes gens qui périssaient en voulant apprendre à nager a diminué tous les ans d’une manière sensible. Cet établissement offre l’avantage de bains très salutaires dans l’eau courante. Les deux sexes y sont admis, à des jours différents, et à toutes les heures du flux et du reflux. Le prix de chaque bain se rapproche, par sa modicité, de celui des bains populaires de Rome.

6 juillet 1823 L’affaire des papillotes
Un vicaire de Saint-Michel qui avait hier fait sortir de cette église une dame Barthez parce qu’elle n’avait pas déroulé ses papillotes, a été mandé, sous prétexte du besoin de son ministère, dans la maison de cette dame par son mari. Là, ce dernier l’a forcé, le pistolet à la main, de demander excuse à cette dame. Mais en sortant de cette maison, il a rendu plainte en excès et violences contre M. Barthez. Cette singulière affaire fait beaucoup de bruit et a fait tomber à toutes nos dames les papillotes qu’elles portaient une partie de la journée pour friser leur toupet et contre lesquelles les prêtres s’étaient mis à crier depuis quelques mois, comme ne devant pas être gardées quand on va à l’église.

On apprendra le 11 septembre que M. Barthez a été condamné à un mois de détention et 50 francs d’amende pour excès commis chez lui contre le vicaire.

8 juillet 1823 Début d’alignement de la rue Sainte Catherine
On vient d’abattre partie de l’ancienne église St Projet pour redresser la rue Marchande sur l’alignement des rues de Sainte-Catherine et des Trois Maries. Il est à craindre que ce redressement de l’alignement laissera longtemps cette première rue dans un grand désordre par le fait des démolitions des maisons qui y sont situées et qui ne seront pas promptement rebâties. C’est le cas de dire que le mieux est l’ennemi du bien.

L’église Saint-Projet a été désaffectée à la Révolution. Sa démolition, en 1822 et 1823 conduisit à découvrir dans ses combles, sous son toit, déposés au-dessus des voûtes, les restes de 1500 cadavres. Le cimetière paroissial était si exigu qu’il fallait très rapidement exhumer les corps pour ménager des places nouvelles, et, ne sachant qu’en faire, on les avait entassés au-dessus de l’édifice.

15 juillet 1823 Démolition du Pont de service
On a commencé hier à démolir le pont en bois, dit de service, qui servait depuis 22 mois en attendant que le pont en pierre fut mis en état de suffire seul à sa destination. On y passe maintenant de nuit et de jour quoi que ses trottoirs et surtout ses culées ne soient pas entièrement finis.

18 juillet 1823 Bains flottants
On a remis à l’eau aujourd’hui les bains flottants qui avaient échoué il y a un mois à la sortie du chantier où ils avaient été construits. Il a fallu faire à cet effet de grandes réparations à la charpente bien endommagée de cette machine. Nous doutons qu’elle procure jamais de grands profits à la société d’actionnaires qui l’a fait construire.

1° octobre 1823 La Rosière de la Brède, oeuvre de M. Latapie
On a inhumé hier à Bordeaux M. Latapie, ancien professeur de botanique dans cette ville, âgé de 84 ans. C’était un homme distingué, par son savoir dans les langues anciennes, la bibliographie et l’histoire naturelle. On dit qu’il était bâtard du grand Montesquieu. Ce qu’il y a de certain, c’est que sa famille est originaire de la Brède et qu’il a été élevé dans ce château; qu’il a beaucoup connu l’auteur de l’Esprit des lois, qu’il a voyagé avec le fils de ce dernier et qu’il est très attaché à la mémoire de Montesquieu. Il en a donné une preuve en fondant dans la commune de la Brède un prix de vertu pour lequel il a donné à cette commune une prairie de la valeur de 3000 Fr. dont le revenu doit servir à doter une Rosière qui sera couronnée tous les ans à la Brède par les descendants de Montesquieu ou, à défaut, par la municipalité du lieu. Les détails de cette fête sont consignés dans une lettre écrite à ladite municipalité par M. Latapie, le 1er juin 1823, et dont nous avons en ce moment copie authentique sous les yeux. Il est étonnant que les journaux de Bordeaux, en annonçant succinctement la mort de ce savant, n’aient pas fait mention de cette fondation qui honore la vie de celui qui l’a fait aussi généreusement que secrètement. C’est la première Rosière qui ait encore été établie dans les départements méridionaux.

François de Paule Latapie est mort au 7 rue Mautrec, le 30 septembre 1823, quelques semaines après avoir institué la fête de la Rosière pour établir, d’une manière authentique et publique, la vénération et le respect qu’il a pour le nom d’un homme dont le génie a illustré son lieu de naissance, La Brède et sa patrie.

12 octobre 1823 Accident de la circulation
Une voiture de place a écrasé aujourd’hui deux personnes qui se sont trouvées sur sa route lorsque les chevaux ont pris le mors aux dents. Cette circonstance est extraordinaire, les attelages de ces carrosses étant habituellement très pacifiques et peu vigoureux.

14 novembre 1823 Arcs de triomphe
On commence à Bordeaux un Arc de triomphe au milieu du Pont et un autre à la Pyramide du XII mars pour la réception du duc d’Angoulême revenant d’Espagne. Ces monuments seront en planches peintes à la détrempe et ses décorations aussi solides que la gloire du héros qui en est l’objet.

14 novembre 1823 Francs-maçons
On fait, avec une certaine formalité, les obsèques d’un riche juif bordelais nommé Sas-Fortas (?), le doyen des Francs-maçons du rite Misraïm. Diverses oraisons funèbres sont prononcées sur sa tombe au grand scandale des préjugistes. Il faut observer que cet ordre maçonnique se dit supérieur au rite écossais, quoique plus récemment introduit en France par le fameux charlatan Cagliostro.

La question de l’appartenance de Bernadau aux Francs-maçons reste toujours débattue … (voir 12 février 1821)

25 novembre 1823 Le duc d’Angoulême à Bordeaux
À 4 heures de l’après-midi, arrive à Bordeaux le duc d’Angoulême venant d’Espagne. La réception a été assez simple, le prince ayant demandé qu’on ne fit pas d’entrée solennelle. Il a été complimentée par le maire sous un Arc de Triomphe élevé aux limites de la ville. Ce monument élevé en planches façon de granit portait sur le fronton : La cité du 12 mars au héros pacificateur et aux armées françaises. Sur les montants de ce portique se lisait, dans 12 colonnes disposées en caisson, le nom d’autant de places d’Espagne prises par les français. On remarquait que, dans cette énumération, on n’avait suivi ni l’ordre géographique, ni l’ordre des dates des victoires, car le Trocadéro commençait une colonne et la Bidassoa l’autre, et que Pampelune se trouvait à côté de Sancti-Petri. Le Prince est entré en ville par la rue Berry et a été logé de suite au Château royal. Il était dans sa voiture de route, suivie de trois autres et la route était bordée par le régiment de la garnison.

28 novembre 1823 Départ du duc d’Angoulême
Le duc d’Angoulême a quitté hier Bordeaux au point du jour. Pendant qu’il est resté dans cette ville, il a été visiter les travaux du pont, l’hôpital militaire, celui de la Manufacture, le séminaire et la Comédie. Partout la foule s’est portée sur son passage et les acclamations publiques ont signalé son passage. Nous observerons qu’à son arrivée sous l’arc de triomphe de la colonne du 12 mars, il s’est opposé à ce que le peuple dételât sa voiture pour la traîner en ville et que, pendant son séjour, tous les édifices publics ont été illuminés.

7 décembre 1823 Le maire de Bordeaux Duhamel
Installation du vicomte Victor Duhamel en qualité de maire de Bordeaux. Il est frère d’un député de cette ville et fils du dernier lieutenant de mairie qui avait été nommé à cette place par le gouverneur Richelieu. On apprend dans le Journal historique du parlement que feu Duhamel fut exilé à Fontenay en 1774 pour s’être permis d’ordonner, comme des corvées, le transport des pierres destinées à la construction de la salle de la Comédie de Bordeaux. Ce lieutenant de Maire n’avait d’autre renommée que celle qu’il avait acquise parmi les filles du théâtre par une conformation monstrueuse. Le préfet, en installant le nouveau maire, a cependant parlé des vertus de son père dans une magistrature qu’il a dit être de 30 ans, quoique le dit Duhamel n’ait commencé ses fonctions qu’en 1772 pour les finir en 1790.

On extrait de Généalogie de la maison du Hamel par M. de Saint-Pons, 1834, ce passage : « André-Gui-Victor, vicomte du Hamel, chevalier, maire de Bordeaux, gentilhomme de la chambre du roi, officier de la Légion-d’Honneur, est né le 17  » janvier 1776. Le 12 mars 1814, au milieu des évènements qui rappelaient l’antique maison de Bourbon au trône de France, le vicomte du Hamel fut nommé maréchal des logis chef des volontaires royaux dans le corps commandé par le comte Louis de la Rochejaquelein, qui formèrent à cette époque la garde de S. A. R. le duc d’Angoulême. Il fut successivement décoré du Brassard, élu chef de la légion de la garde nationale de l’arrondissement de Bazas, et décoré, au mois de novembre de la même année 1814, de la croix de la Légion-d’Honneur, Le 26 novembre 1825, le vicomte du Hamel a été nommé membre du conseil départemental de la Gironde, puis par ordonnance du 19 août 1824, maire de la ville de Bordeaux, place qu’il a quittée à la révolution de 1830. »

12 décembre Incendie dans l’ancienne église de la rue du Temple
Incendie rue du Temple, dans l’ancienne église de ce nom, où étaient l’atelier d’un carrossier et une manufacture nouvelle de tapis à l’imitation de ceux d’Aubusson. Les deux propriétaires de ces établissements ont beaucoup perdu dans cet événement.

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