Année 1827

19 février 1827 Jean-Elie Gautier
Les amateurs donnent une sérénade à la famille de M. Gautier, négociant de Bordeaux, dès qu’on a eu connaissance dans cette ville du discours énergique et bien pensé qu’il a prononcé à la chambre des députés contre le projet de loi sur la presse, que le parti prêtre veut y faire adopter. Ce discours a d’autant plus étonné, que M. Gautier avait été nommé député par l’effet du double vote et que le ministre avait favorisé son élection. Aussi le garde des sceaux, en discutant sur ce projet, a-t-il eu la maladresse de dire que ce député « fut autrefois son ami ».

Jean-Élie Gautier (1781-1858) fut élu député le 25 février 1824 par le 2e arrondissement électoral de la Gironde. Il siégea dans la majorité royaliste et ministérielle, prit part aux débats sur les questions économiques et financières et fut plusieurs fois rapporteur du budget. Réélu le 17 novembre 1827, il parla contre la loi sur la presse et se rangea dès lors dans l’opposition libérale. Il fut le rapporteur de l’« adresse des 221 » dirigée contre le ministère Polignac et ce fut lui qui en donna lecture à Charles X. Réélu le 23 juin 1830, il contribua à l’établissement de la monarchie de Juillet mais ne fut pas réélu député aux élections générales du 5 juillet 1831. En récompense de son appui, Louis-Philippe le nomma pair de France le 11 octobre 1832. À la Chambre haute, il se fit remarquer par sa compétence en matière financière et commerciale.

28 février 1827 Mademoiselle Nancy
Malgré le jésuitisme qui domine ici comme ailleurs, on a fêté gaiement aujourd’hui l’enterrement de mardi gras par le concours des mascarades et des amateurs de la bonne chère qui font le pèlerinage jovial de Caudéran. Le concours des bordelais de tout rang et de tout sexe à ce petit Longchamp a été favorisé par le beau temps. On ne compte d’autre accident arrivé aux personnes qui vont étaler le luxe des voitures, qu’un fâcheux et plaisant événement arrivé à la demoiselle Nancy qui a étalé son derrière au public, ayant été renversée de son élégant wiski. Le préfet, aux gages duquel elle se trouve actuellement, a été très sensible à cette déconvenue et lui a envoyé les médecins les plus renommés pour panser ses égratignures. Elle ne sont que plaisantes, ainsi que ses amies l’ont fait annoncer à nos deux spectacles.

28 février 1827 Peyronet en « Brûleur de livres »
Le Kaléidoscope publie une lithographie de Ta-Ti-Chen-Long, le brûleur de livres en Chine. On y a reconnu la figure du ministre de la justice Peyronnet au chef duquel sont ajustés des cornes qu’il porte à double titre, comme chacun sait à Bordeaux. Ce pauvre homme n’en brave pas moins la malignité publique avec un front imperturbable. Il parviendra en cour, car il n’a ni humeur ni honneur. D’ailleurs, les ressources de son esprit courtisan sont trop précieuses au parti absolutiste pour qu’il s’amuse à trouver à redire sur son immoralité.

Le « Brûleur de livres » fait référence au règne de Qin Shi Huangdi, au pouvoir en Chine de 247 à 207 av. JC, qui fut placé sous le signe d’une normalisation sévère. Aussi aucune opposition n’était tolérable. Les enseignements de Confucius, instruments qui pouvaient permettre de discuter la pensée nouvelle, furent interdits  et les lettrés confucéens bâillonnés. Son ministre Li Si adopta  en 213 le décret qui ordonnait la destruction d’une bonne part des ouvrages de l’empire, notamment les classiques confucéens et les annales des anciens royaumes, à l’exception des manuels de médecine, d’agriculture et de divination. Il s’agissait d’effacer le passé et « réformer les mœurs par l’intermédiaire des Lois ».
Pierre-Denis, comte de Peyronnet (ou Charles-Ignace) (1778-1854) fut président du tribunal de Bordeaux en 1815. Hostile à l’Empire, il se rallia aux Bourbons, à la Restauration. Ultra, il fit voter toutes les mesures réclamées par ses semblables : loi sur le sacrilège, loi du droit d’aînesse, loi de 1827 sur la presse.

1er mars 1827 La Bourse éclairée au gaz
On éclaire l’intérieur de la Bourse a en gaz pendant la foire. C’est le premier établissement public bordelais qui est adopté ce mode d’éclairage. On le dit plus économique que l’huile, mais il n’est pas plus brillant.

Le 30 décembre, Bernadau indiquera la mise en place de tuyaux souterrains destinés à transporter le gaz depuis l’usine près de la Chartreuse.

16 mars 1827 Incendie aux Chartrons
Incendie violent dans un chai des faubourgs des Chartrons. Comme il a éclaté dans la nuit et que tout un îlot de maisons pouvait être brûlé faute de secours, le maire s’est déterminé à appeler au son de la cloche de l’hôtel de ville que depuis longtemps tout le monde désirait entendre dans ces déplorables circonstances. Le feu a pris chez M. Vigneau, marchand de vins, le même qui fut souffleté l’an passé en pleine Bourse par un de ses créanciers qu’il a ruinés par sa banqueroute.

Sur le problème du tocsin, voir début 1828.

30 mars 1827 Mademoiselle Nancy
On vient d’imaginer de procurer aux gens qui se promènent en voiture et à cheval un lieu de réunion singulier dans le Jardin public dont les grandes allées des quatre côtés sont sablées en forme de chaussée. Nos agréables disent que cela imitera la promenade de Longchamp à Paris, et les gens sensés gémissent sur les changements qu’on fait à un local qu’il eût mieux valu rétablir en jardin comme autrefois que de lui donner une destination si inconvenante. Le préfet est l’auteur de ce beau projet conçu pour faire promener la Nancy, sa maîtresse à laquelle il vient de donner une calèche élégante.

31 mars 1827 Pont de Bordeaux
L’entrée du pont du côté de Bordeaux commencera demain à être pratiquée sur son côté nord, le long d’une chaussée qu’on vient d’établir sur les bords de la rivière, qui sont maintenant bien éloignés des maisons, attendu qu’elle se rétrécit très sensiblement. Le volume des écrins qui la formaient diminue depuis une vingtaine d’années, parce que plusieurs ruisseaux rapprochés de sa source ont été détournés de leurs cours par les usines élevées dans les Pyrénées françaises et espagnoles et surtout parce que le pont de Bordeaux occasionne des atterrissements considérables alentour, soit en aval, soit en amont. Il perdra le port avant un siècle.

1 avril 1827 Séminaire des Jésuites au Dépôt de mendicité
La troupe des frères Gallien donne une représentation de ses exercices d’équitation au profit de l’association pour l’extinction de la mendicité à Bordeaux. Cette institution philanthropique a formé l’hospice des pauvres à l’ancienne brasserie qui était au quartier dit de Terre-Nègre, à l’extrémité occidentale du faubourg St Seurin. Le local nous parait bien petit pour un pareil établissement. Tout le monde s’étonne qu’on n’aie pas pris à cet effet le magnifique bâtiment construit en 1810 dans le faubourg de Ste Croix pour servir de dépôt de mendicité pour les pauvres des trois départements dont se compose l’arrondissement de la cour d’appel, qui tous trois ont contribué à la construction de cet édifice. Mais l’administration a cru plus convenable de le céder gratuitement aux Jésuites qui y sont depuis quelques années, sous le nom de Société des Forces de la Loi. Il y ont formé une espèce de séminaire, où l’on compte 500 élèves. Toutes les familles de gens courant la carrière des places y envoient leurs enfants pour pouvoir conserver les faveurs du gouvernement d’à présent, qui ne place que des îlotes dévoués à l’obscurantisme régnant.

Pour le dépôt de mendicité, voir 7 février 1809

12 avril 1827 Retrait de la loi sur la censure
Une illumination spontanée et presque générale a eu lieu ce soir à Bordeaux pour manifester la joie que suscite le retrait de la loi sur le projet de police de la presse, que le gouvernement a retiré le 17 courant de la chambre des Pairs, où il paraît qu’elle aurait été mal accueillie. Un particulier de la rue des Argentiers avait mis en transparent sur sa croisée le distique suivant, qui n’est pas une apologie du garde des sceaux, Peyronet, lequel est passablement détesté à Bordeaux, quoiqu’il en soit originaire :
Par lui je brûle un bout de ma chandelle ;
Mais quand il partira, je la garde belle.

17 avril 1827 Mademoiselle Mars (voir 12 juin 1817 et 8 juin 1819)
Début de Mademoiselle Mars, célèbre actrice de Paris, dans le Misanthrope et Le rêve du mari. Elle doit donner 15 représentations, pour chacune desquelles le directeur des spectacles de Bordeaux lui donne 1200 F, plus 50 F par chaque jour de jeu dans cette ville, et la défraye de son voyage de Paris pour l’aller et le retour. Elle a paru ici il y a une dizaine d’années et ne paraît avoir rien perdu de son talent et de ses grâces. On la dit âgée de 52 ans ; elle n’en paraît pas plus de 30, même hors de la scène. Ces rôles sont dans ce qu’on appelle les grandes coquettes et elle y paraît avec beaucoup de légèreté. Nous en reparlerons ailleurs plus en long.

6 mai 1827 Dépôt de mendicité de Terre Nègre
On commence à inscrire les mendiants au dépôt de mendicité ouvert à Bordeaux au moyen d’une souscription volontaire des habitants. Le local qui leur est destiné à Terre Nègre en pourra contenir 250. On n’y reçoit que ceux de la ville. Les autres devront se retirer dans le lieu de leur naissance sous peine d’être arrêtés comme vagabonds. Leur nombre est au moins quadruple des bordelais, car on en voit errer qui parlent toutes sortes de patois. Ils refluent ici de tous les coins de la France.

6 mai 1827 Le médailliste anglais Ainsworth
M. Ainsworth, membre de la société royale des antiquaires de Londres, m’adresse un exemplaire de la notice qu’il vient de publier sur une médaille d’argent, petit module, qu’il a découverte du type Cobertus comes burdigala. C’est un conte de Bordeaux, jusqu’à présent inédit, comme la médaille d’or de Barontus, aussi comte de la même ville que j’ai autrefois décrite dans mes Antiquités bordelaises. Malgré les observations que je lui ai réitérées sur cette légende, il s’est obstiné à y lire : Tonentius comes Budigala. Et sur cela il fait des conjectures à perte de vue sur un certain Tonance, préfet du prétoire des Gaules qui se réunit avec Aetius contre Attila, qu’ils battirent au milieu du IIIe siècle. La gravure que M. Ainsworth a donnée de sa médaille résiste même à son explication. On pouvait lire soit Codercius, soit Sudertius, soit Comertius, mais nullement Tonantius. Depuis un an que ce savant soumet sa médaille à l’investigation des archéographes, il a varié ses explications. D’abord, il a voulu en faire une monnaie frappée à Bordeaux par Bertrand de Goth, archevêque de cette ville, puis pape sous le nom de Clément V. Il en a fait ensuite un Godance de je ne sais où, puis un Sobertius ou Robertus. Sa deuxième conjecture ne vaut pas mieux que les autres.

Bernadau fait allusion à ce M. Ainswoth, cité dans le Viographe au sujet de la rue Margaux : « Un savant anglais (feu M. Ainsworth), qui visitait Bordeaux il y a quelques années, se tenait découvert en parcourant la rue Margaux. Un habitant de cette ville qui l’accompagnait lui demanda la cause de cette marque de respect : C’est parce que l’illustre Montesquieu a habité dans cette rue. — Vraiment; je l’ignorais, répondit l’habitant. — Eh bien ! mon cher cicérone, répartit l’étranger, je suis bien aise de vous faire connaître que c’est Montesquieu lui-même qui nous apprend ce fait, dans le Journal des savants, de 1719. Ainsi n’allez pas chercher la demeure de ce philosophe ni dans la rue qui porte son nom, ni dans celle à laquelle on a imposé, je ne sais pourquoi, le titre de son grand ouvrage. Qu’on nous permette de rappeler que ce savant médailliste voulut bien agréer l’inscription suivante que nous avons faite pour le portrait de Montesquieu, dans laquelle nous avons essayé de caractériser ses principaux ouvrages :
Il montre aux nations la source de leurs lois.
Sous un masque persan il instruit sa patrie.
Dans l’orgueil du triomphe il voit Rome aux abois;
Et lors même qu’à Gnide il déguise sa voix,
Dans ses moindres écrits respire le génie. »

18 mai 1827 Dépôt de mendicité
Le dépôt de mendicité de Bordeaux a été ouvert le 20 de ce mois. L’idée de la formation de cet établissement appartient au préfet d’Haussez qui a réuni divers philanthropes de cette ville, lesquels se sont organisés en société de bienfaisance pour procéder aux travaux organiques de ce nouvel hospice. M. le marquis de Bryas, qui cherche à faire du bruit dans cette ville, s’est placé à la tête de la commission administrative de ce dépôt. On a eu beaucoup de peine à le peupler, les mendiants trouvant plus agréable leur vie errante que celle qu’ils mèneront dans cet hospice. Les pauvres sont devenus difficiles à contenter depuis qu’ils sont parvenus à se faire craindre.

Charles-Raymond-Alphonse, marquis de Bryas (1785-1866), est un homme politique, agronome et militaire français. Il fut maire de Bordeaux et député sous la Monarchie de Juillet.

10 juin 1827 Réouverture du théâtre Molière
On a joué hier la comédie au théâtre de Molière qui était fermé depuis une vingtaine d’années. C’est la troupe du théâtre français qui s’y transportera tous les samedis pour la commodité des juifs et des harengères du quartier. Il y avait un petit prologue d’ouverture qui ne vaut pas grand-chose, de l’aveu de l’honorable auditoire israélite.

Sur la dernière année d’activité du théâtre Molière, voir 1807.

30 juin 1827 Censure
On commence aujourd’hui à exercer la censure sur les journaux de Bordeaux, en vertu d’une ordonnance du roi, en date du 22 courant qui rétablit la censure sur les ouvrages périodiques. Les ministres commencent leurs petites vengeances en attendant mieux.

30 juin 1827 Fontaines
On refait les fontaines qui sont rue Royale et à la Font de l’or. Ces édifices sont d’assez mauvais goût. Pourquoi n’avoir pas rétabli les fontaines de la rue de la Vieille Corderie et du terrain du Château Trompette qui n’exigeaient pas de grandes dépenses pour être remis à l’usage du public ?

20 juillet 1827 L’acteur Lepeintre (voir 23 juin 1820)
Clôture des représentations de Lepeintre au théâtre de Molière dont il a fait l’inauguration et qui doit servir pendant qu’on fait les réparations au Théâtre-Français. Cet acteur, qui s’est formé sur le petit théâtre de Bordeaux, est actuellement renommé à Paris, à l’égal de Pothier. Cependant, son talent est plus varié car il a ici bien joué dans les vaudevilles et les mélodrames de la haute comédie. Il a rempli au Grand théâtre le rôle de l’abbé de l’Epée dans la pièce de ce nom à la satisfaction des amateurs.

22 juillet 1827 Disparition d’ouvrages des Archives
Un volume des Recherches historiques sur les rues de Bordeaux, qui avait été donné à l’hôtel de ville en 1783 par l’antiquaire Baurein, vient de disparaître des Archives. On l’avait prêté au trésorier Maître qui, lorsqu’on le lui a réclamé, a dit qu’il était disparu de chez lui, on ne sait comment. Pareille chose a eu lieu en 1780 pour le manuscrit du second volume de l’Histoire de Bordeaux qui a été emporté des mêmes archives et que M. de Castelnau retient comme étant sa propriété pour l’avoir trouvé dans les effets de la succession Lamontaigne, procureur syndic de cette ville. Voilà comment on prend soin des choses qui appartiennent au public !

29 juillet 1827 La Font d’Audège
On vient de refaire la fontaine dite la Font d’Audège sur un plan aussi mesquin que l’ancien. Cependant, le préfet et le maire de Bordeaux y ont fait graver leurs noms et qualités dans le plus grand détail d’étiquette, et l’inscription porte que ce sont eux qui ont érigé cette fontaine comme s’ils en avaient découvert la source. Le mot propre eut été : rétabli. Leur orgueil s’en serait offensé, tant les petits hommes cherchent à se faire grands.

Cette fontaine, située dans la rue Robert Picqué, porte comme inscription : « Erigé en 1827 sous l’administration de MM. le baron D’Haussez, Conseiller d’Etat de la Chambre du Roi, Préfet du Département de la Gironde, le vicomte du Hamel, Gentilhomme de la Chambre du Roi, Maire de la Ville de Bordeaux. »

4 septembre 1827 Censure
Le rédacteur du Kaléidoscope publie une brochure de 74 pages contenant les rognures que la censure a faites à ce journal depuis trois mois. Il y a peu d’articles offensifs, mais le censeur est si timide et si bête qu’il a fait des suppressions dont il est impossible de concevoir le motif. Il ne doit pas rire de cette publication et surtout de s’y voir nommé. C’est M. Labroue, conseiller de préfecture, auquel on a donné cette mission parce qu’il est le plus instruit des fonctionnaires de Bordeaux. Il a été autrefois instituteur puis adjoint de maire. C’est une bonne tête de pédant.

Ce M. Labroue est cité par Bernadau dans un fait divers le 28 mars 1822.

10 septembre 1827 Porte Caillau
On hausse la charpente de la tour qui est au milieu de la porte du Caillau. Sur sa pointe sera établi un paratonnerre. Ces réparations feront encore plus ressortir le mauvais goût et le peu de symétrie de cet édifice semi gothique. Les bonnes gens s’imaginent que c’est un monument romain, tandis que la chronique bordelaise atteste qu’il fut bâti en 1495 en mémoire de la bataille de Fornoue gagnée par Charles VIII, dont on avait placé la statue sur cette porte du côté du port. On ferait bien mieux de démolir cette porte car elle gène beaucoup la circulation des voitures.

On a vu à plusieurs reprises Bernadau critiquer cette Porte, à laquelle il reproche de ne pas s’inscrire dans le style de la façade du port, comme expliqué ci-dessous.

6 octobre 1827 Porte Caillau
Article critique de la restauration de la porte du Palais écrit par moi au Kaléidoscope. J’y fais voir la nécessité de démolir cette porte qui nuit à la sûreté publique publique et dont la construction bizarre n’est pas en harmonie avec la belle façade du port de Bordeaux que l’on doit au célèbre Tourny.

9 octobre 1827 Théâtre des Variétés
On a fait hier l’ouverture du Théâtre-Français restauré sous le nouveau nom de théâtre des Variétés. Cette restauration n’a été faite qu’au profit de la direction qui a remplacé le parterre par un amphithéâtre payant comme aux premières. Le public a crié contre cette innovation, ainsi que contre l’augmentation du prix des places. La direction a déclaré qu’elle rétablirait l’ancien prix seulement.

20 octobre 1827 Collaboration au Kaléidoscope
Le Kaléidoscope publie un article que j’ai envoyé sur les théâtres anciens et actuels de cette ville. La censure m’a empêché de parler à cet égard avec la critique convenable sur une matière qui prête beaucoup.

24 octobre 1827 Omnibus
Début d’une entreprise de voitures publiques dites omnibus qui transportent sur les grandes places de Bordeaux à raison de trois sous par personne. Ces voitures sont à 18 places et bien attelées. Il est douteux qu’elles réussissent ici. Elles ont échoué à Lyon et à Marseille. Cette spéculation n’offre pas aux capitalistes qui l’ont faite des avantages proportionnés aux dépenses considérables qu’elle a nécessité.

Bordeaux voit, en 1827, apparaître dans ses rues le premier véritable moyen de transport en commun organisé : une ligne d’omnibus reliant la place d’Armes (place de la République) au Monteil en passant par Pessac. Deux aller-retours étaient effectués chaque jour (7h et 15h de Bordeaux / 9h et 18h de Monteuil) et le tarif était de 75 centimes.
Quatre années plus tard, l’entreprise des « Maîtres Cochers » obtient l’autorisation d’ouvrir une ligne desservant les quais de la capitale Girondine. Elle reliera la place Richelieu (place Jean Jaurès) au Passage de Lormont (rue Achard). Le succès remporté par ces nouveaux services qui se révèlent rentables créent l’émulation : en 1840, on dénombre 8 nouvelles lignes qui desservent la rive-gauche de la cité et, en 1858, ce ne sont pas moins d’une vingtaine de lignes qui arpentent les rues de la ville et de sa banlieue, elles sont assurées par 11 entreprises différentes, entre autres : « Les Maîtres Cochers », « Les nouvelles Bordelaises », « Les nouvelles Riveraines », « Les Laborieuses », « Les CarbonBlannaises », etc…. (source : http://cgftebordeaux.pagesperso-orange.fr/historique.htm)

15 novembre 1827 Conflits de transporteurs en commun
Les cochers des fiacres, qui se sont ligués entre eux pour faire échouer l’entreprise des voitures omnibus, ayant ce jour excité des rixes sur la place Richelieu, ont été conduits en prison et n’en sont sortis qu’après avoir pris l’engagement de travailler paisiblement, en concurrence et au même prix des derniers et surtout en établissant des voitures qui partiraient régulièrement toutes les deux heures, tant pour Bacalan que pour Bègles.

10 décembre 1827 L’affaire Laprade (voir 28 mars 1822)
On juge aux assises de Bordeaux la dame Delaitre, veuve Laprade et femme Estanave qui avait été condamnée par contumace il y a cinq ans pour mauvais traitements exercés sur Adélaïde Laprade, sa fille. Cette mère dénaturée est condamnée à cinq ans de réclusion et à l’exposition au poteau malgré les témoins complaisants qui ont déposé en sa faveur dans cette affaire dont toute la ville s’entretient et que nous avons détaillé dans le temps.

15 décembre 1827 Collaboration au Kaléidoscope
Le Kaléidoscope publie un article que je lui ai envoyé sur Simon Millanges, fameux imprimeur de Bordeaux.

22 décembre 1827 Une signature : « Le rêveur des bords du Peugue »
Les jésuites qui sont établis au bâtiment destiné au dépôt de mendicité de Bordeaux sous le nom d’Ecole ecclésiastique des Pères de la Foi, doivent avoir vu avec déplaisir mon article inséré aujourd’hui dans le Kaléidoscope sur les possessions qu’ils avaient dans le diocèse quand ils en ont été expulsés par arrêt du parlement de Guyenne le 26 mai 1762. J’ai regretté de n’avoir pas été un peu plus caustique dans cet article. Il est signé Le rêveur des bords du Peugue ainsi que les trois autres notices historiques que j’ai précédemment publiées dans le même journal.

30 décembre 1827 Tuyaux souterrains pour le gaz
On fait des tuyaux souterrains pour conduire le gaz d’éclairage depuis l’atelier prêt de la Chartreuse jusqu’à la Bourse. Ces tuyaux auront divers embranchements pour les allées de Tourny, les rues Sainte Catherine, Saint Rémi et Esprit des lois. Ils sont en fer, coulés en forme cylindrique de 20 pouces de diamètre que l’on soude de 10 en 10 pieds. Ces tuyaux sont enfermés dans des conduits de terre cuite. Les entrepreneurs du gaz et tous les ouvriers par eux employés sont des Anglais. Au moyen de ces conducteurs, le gaz sera distribué sur son passage pour sept francs par bec aux abonnés, par mois.

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