Année 1842

L’écriture de Bernadau devient de plus en plus fine et les lettres de plus en plus petites sous effet de l’âge. Les lignes s’arrondissent souvent vers le haut à partir du milieu de la ligne, une conséquence possible d’une mauvaise vision de son oeil droit due à une possible cataracte et entraînant un strabisme interne de cet oeil, comme le révèle le portrait de 1848.

1er janvier 1842 Etrennes
Trois nouveau genres de spéculateurs sur les jours de l’an viennent d’être inventés : 1- les ramasseurs de bourriers, portant une bourse attachée à un gros balais, courent chez les habitants devant les maisons desquelles ils enlèvent les bourriers en leur souhaitant la bonne année en demandant effrontément leurs étrennes; 2 – les gamins attachés à la compagnie du ramonage en font autant à leur pratique; 3 – les tambours de la garde nationale vont donner une aubade à chacun des officiers, sous-officiers et soldats de la compagnie à laquelle ils sont attachés et présentent leurs billets de visite auquel est joint un compliment envers le corps de garde. Si le progrès d’effronterie continue, bientôt les visiteurs feront citer devant les juges de paix ceux qui voudront se dispenser d’étrenner les importuns qui les assaillent.

9 janvier 1842 Chemin de fer
La fameuse entreprise du chemin de fer de Bordeaux à La Teste est depuis un mois en grande baisse. Ses actions ne sont plus cotées dans le cours des effets publics, parce qu’elles ne trouvent plus d’acheteurs. Leur dernière cote était descendue de 500 F de mise à 370 F. Les locomotives ne traînent actuellement que trois wagons au plus, encore sont-ils peu chargés. Les voyageurs contiendraient dans une seule voiture s’il n’y avait pas trois différents prix des courses. On a supprimé celle qui allait à Pessac pour les curieux qui voulaient connaître l’allure de la machine pour un demi franc.

1er février 1842 La Guienne historique et monumentale de Ducourneau
Guienne historique et monumentale, tel est le titre d’une histoire de cette ancienne province que publie M. Ducourneau, rédacteur du journal de l’Indicateur. Il paraît déjà l’introduction de ce livre que l’auteur va proposer chez les particuliers signalés comme amateurs de nouveautés, auxquels il est présenté par le fameux M. Brunet en sa qualité d’académicien. L’échantillon de cette entreprise ne prévient guère en sa faveur, car on n’y dit que des généralités banales sur le territoire de la Guienne dont on propose l’histoire. Elle sera fort peu approfondie dans ses diverses parties si l’on en juge par les recherches superficielles de son introduction ; nous présumons même qu’elle aura le sort malencontreux de l’Histoire de Bordeaux dont le fameux professeur n’a donné que 80 pages à ses souscripteurs depuis 1835 qu’il l’a commencée. Ces jeunes historiographes n’ont pas employé assez de temps à creuser leur sujet pour espérer qu’ils puissent le traiter convenablement. On ne fait pas de l’histoire avec des phrases mais avec des faits et il faut consacrer maintes années pour en ramasser les matériaux, les coordonner entre eux et en former un tout bien suivi. La savante congrégation des bénédictins a reculé devant une pareille entreprise qu’un feuilletoniste veut achever seul.

Entre 1842 et 1844, Alexandre Ducourneau, jeune journaliste bordelais originaire d’Agen, se lance dans la publication de La Guyenne historique et monumentale, sans doute la plus ambitieuse aventure éditoriale de la Gironde dans cette première moitié du XIXe siècle. Ouvrage en deux volumes vendu en souscription, il veut à travers trois cents lithographies retracer le passé de cette région, à un moment où l’engouement pour l’histoire est en plein essor. Cet ouvrage a été publié chez Coudert, et l’original est conservé aux Archives départementales.

10 février 1842 Traduction de la fable de Cénébrun par Delpit
M. Jules Delpit publie dans les journaux un abrégé de la fable de Cénébrun, sire de Lesparre. Cette légende ridicule et les annotations saugrenues de l’éditeur sont passablement fastidieuses et n’apprennent rien sur l’histoire ancienne du pays bordelais. Il est étrange de voir un homme instruit publier comme renseignements sur les mœurs du 12e siècle un conte où l’on parle de mariage d’un prétendu fils du roi de Bordeaux avec une Valérie, fille de l’empereur Vespasien, duquel mariage Saint Martial fait la cérémonie après avoir ressuscité la mariée. Une belle pièce ne peut passer pour document historique. Elle est du domaine des imprimeurs de la bibliothèque bleue.

Jules Delpit a donné une traduction, dans le journal I’Indicateur de Bordeaux (11 et 25 janvier 1842), de l’histoire fabuleuse de Cénébrun, seigneur de Lesparre.

21 février 1842 Nouvelles fontaines à Bordeaux ?
Le maire communique au conseil municipal un projet pour l’alimentation des fontaines de Bordeaux dressé par M. Mary, hydraulicien de Paris. Les eaux des sources trouvées dans la commune du Taillan sont proposées pour cette alimentation. Elles donnent, suivant l’auteur, 600 pouces fontainiers d’eau qu’on peut conduire dans cette ville moyennant 4 millions de dépenses. Le conseil municipal renvoie à une commission l’examen de ce projet. Celui-ci est nouveau mais il est un peu cher. Depuis 1784, voilà quatre projets pour augmenter nos fontaines dont on s’est occupé sans aucun résultat. D’abord il était question de donner une meilleure direction aux eaux provenant des sources du Tondut, d’Arlac et des Carmes qui alimentent depuis des siècles les bordelais ; et au moyen de cette amélioration, on leur promettait 12 fontaines de plus que par le passé. En 1791, un hydraulicien nommé Lobjeois porta ce nombre des fontaines jusqu’à 20 en joignant aux anciennes sources de celle de Dublan et de Sallabert. Puis sont venus les frères Flochat qui devaient creuser un puits artésien sur la place Dauphine où ils disaient qu’on aurait autant d’eau que l’on voudrait pour établir des châteaux d’eau, des fontaines monumentales, des abreuvoirs publiques, des bornes-fontaines, dans tous les coins et recoins de la ville. Ces nouveaux hydrauliciens, après avoir fourré la terre jusqu’à la profondeur de 500 m n’ont pas obtenu un pouce d’eau et l’expérience a coûté 50 000 F à la ville. M. Durand, architecte de Bordeaux, a fait un long mémoire pour prouver qu’il fournirait de l’eau clarifiée de la Garonne moyennant 2 millions de dépenses et en quantité suffisante même pour éteindre les incendies et arroser nos promenades. Ce mémoire imprimé depuis 1829 aux frais de la ville n’a pas obtenu la faveur publique. Celui de M. Mary sera-t-il plus heureux ? Ce qu’il y a de positif, c’est que depuis un demi-siècle que l’on parle d’augmenter le nombre de nos fontaines, nous sommes réduits à n’en avoir que 19, tant bonnes que mauvaises, et qu’elles sont insuffisantes aux besoins publics.

Durand a en effet publié un Projet Général et Documents pour l’Établissement d’un nombre suffisant de Fontaines dans la Ville de Bordeaux, imprimé par Délibération du Conseil Municipal, en date du 25 Août 1829.
M. Lobjeois, ingénieur hydraulique et mécanicien, a publié un Mémoire relatif à l’établissement d’un plus grand nombre de fontaines publiques à Bordeaux ; in-4°., Racle, 1791.

21 mars 1842 Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie
Ordonnance royale du 6 de ce mois portant création à Bordeaux d’une école préparatoire de médecine et de pharmacie. Les anciens professeurs de l’école élémentaire établie dans cette ville sont conservés dans la nouvelle institution.

31 mars 1842 Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie
On a fait hier dans l’ancien collège de chirurgie l’installation de la nouvelle école préparatoire de médecine de pharmacie créée à Bordeaux par ordonnance royale du 6 de ce mois. Force discours ont été débités par les docteurs assistants, mais le plus singulier de tous est celui de M. Brulatour, un des professeurs, qui contenait une critique virulente de l’opinion émise il y a quelque temps par un médecin distingué de Montpellier qui prétendait que ce serait discréditer les facultés enseignantes de créer des écoles préparatoires, lorsqu’il y avait des écoles d’enseignement de la science. Nous sommes de cet avis en dépit du docteur bordelais. Sa diatribe a été trouvée indécente et nous avons vu le moment où le recteur de l’académie universitaire qui assistait à la séance allait interdire la parole à ce verbiagieux inopportun.

9 janvier – 8 février 1842 – Ordonnance du roi qui établit une école préparatoire de médecine et de pharmacie dans la ville de Bordeaux. (IX, Bull. DCCCLXXXIV, n. 9838.) Louis-Philippe, etc., sur le rapport de notre ministre secrétaire d’Etat au département de l’instruction publique, grand-maître de l’université; vu l’ordonnance royale du 18 mai 1820, concernant les écoles secondaires de médecine ; vu l’ordonnance du 26 mars 1829, en ce qui concerne l’école secondaire médicale de Bordeaux ; vu nos ordonnances des 15 octobre 1840, 12 mars et 18 avril 1841, relatives aux écoles préparatoires de médecine et de pharmacie ; Vu la délibération en date du 6 décembre 1841, par laquelle le conseil municipal de Bordeaux a voté une somme de dix-sept mille cinq cents francs pour l’entretien annuel d’une école préparatoire de médecine et de pharmacie ; vu la délibération prise par le conseil général du département de la Gironde dans sa dernière session, et par laquelle ledit conseil vote une subvention annuelle de deux mille cinq cents francs, qui viendra en déduction des dépenses garanties par le conseil municipal de Bordeaux pour l’entretien annuel de l’école préparatoire de médecine et de pharmacie ; vu l’approbation donnée auxdites délibérations par notre ministre secrétaire d’Etat de l’intérieur, sous la date du 24 décembre 1841; vu l’avis du conseil royal de l’instruction publique, en date du 28 du même mois.
Art. 1er. Une école préparatoire de médecine et de pharmacie est établie dans la ville de Bordeaux. 2. Les cours de pathologie interne et de pathologie externe qui, aux termes de notre ordonnance du 15 octobre 1840, sont annexés aux cours de clinique interne et de clinique externe, demeureront provisoirement confiés, dans ladite école, à deux professeurs titulaires. 3. Il est maintenu dans ladite école, en dehors du cadre d’enseignement déterminé par l’ordonnance précitée, une chaire d’opérations et appareils, une chaire d’hygiéne et de médecine légale. 4. Pour la première organisation de l’école, la nomination des professeurs sera faite directement par notre ministre secrétaire d’Etat au département de l’instruction publique.…
(source : Collection complète des lois, décrets d’intérêt général, traités internationaux, arrêtés, circulaires, instructions, etc : Volume 42 par Jean-Baptiste Duvergier).

18 avril 1842 Accident de chemin de fer
Il est arrivé hier sur le chemin de fer un étrange événement qui n’est pas le seul qui ait eu lieu à cet établissement depuis sa mise en activité mais que les journaux ont tu parce qu’ils sont tous aux gages de la société des actionnaires. Celui-ci n’a pu entièrement se cacher, attendu qu’il s’est passé en plein jour et que plus de 100 personnes en ont été victimes. Le conducteur de la machine, ayant négligé d’en ralentir la vitesse à l’approche du point d’arriver à Bordeaux, a heurté violemment le mur de clôture où elle s’arrête doucement devant le bureau de descente et un avant-train de cette machine a été brisé dans le choc dont le contrecoup s’est fait ressentir sur les sept wagons qu’elle traînait. Les voyageurs en désarroi ont été culbutés les uns sur les autres dans les places qu’ils occupaient et, si les murs n’eussent pas offert de résistance, ils étaient culbutés de plus de 15 m de hauteur. Ils en ont été quittes pour des contusions plus ou moins graves et beaucoup de frayeurs. Le conducteur imprudent est en prison et l’administration du chemin de fer a offert de réparer les pertes et dégradations que certains voyageurs ont éprouvées dans cet accident. Ceux de ce genre qui se sont déjà multipliés dans cet établissement proviennent du petit nombre de surveillants de routes qui sont placées à des distances trop grandes et qui font mal leur devoir parce qu’ils sont mal payés. L’entreprise, assure-t-on, ne couvre pas la moitié de ses frais et elle est d’ailleurs dirigée par des juifs qui lésinent sur tout. Nous avons soutenu, lorsqu’elle a été formée, que c’était une mauvaise spéculation qui n’était pas de nature à pouvoir jamais réussir vu le peu de fréquentation de la route de la Teste qui n’est vraiment qu’une impasse. La compagnie des actionnaires de ce chemin n’a pas encore placé la moitié de ses actions. Il en est de même de celle de canalisations et de fertilisation d’Arcachon établie dans ces Landes. Il en sera de toutes ces belles spéculations comme de celle qui se forma dans cette contrée en 1770 sous le nom de compagnie de Nezer. Elle abandonna la partie au bout de cinq ans après avoir consommé de grands capitaux.

Le 23 février 1838 sont déposés les statuts de la société anonyme, dont le siège est fixé à Bordeaux, dénommée Compagnie du chemin de fer de Bordeaux à La Teste. Fortuné de Vergès apporte la concession du chemin de fer à la société dont le capital de cinq millions est divisé en 10 000 actions de 500 francs réparties entre les huit fondateurs administrateurs : MM Henry-Nicolas Hovy, David Johnston, Domaine-Guillaume Mestrezat, Aristide-Lopez Peyreyra, Jacques-François-Émile Galos, Nathaniel Johnston junior, et David-Frédéric-Lopès Dias.
La gare est construite sur le domaine de Ségur, à la barrière de Pessac. Le coût des travaux de construction de la ligne dépassa d’un million le budget prévisionnel. Outre l’infrastructure, de Vergès et Bayard de la Vingtrie commandent cinq locomotives qui portent les noms de La Teste, Arcachon, L’Océan, La Leyre, La Garonne, La Gironde et L’Anzin), dix voitures de 1re classe, dix voitures de 2e classe, quatre voitures de 3e classe, quatre fourgons à bagages et soixante-huit wagons de marchandises. Les rails sont commandés aux forges de Decazeville.
La ligne est inaugurée le 6 juillet 1841 ; discours et bénédiction des locomotives à Bordeaux, transport des édiles, invités et musiciens à La Teste, banquet puis retour à Bordeaux.
La ligne est à voie unique avec évitement à chaque gare. Entre Bordeaux et La Teste, vingt stations sont ouvertes aux marchandises et voyageurs : La Médoquine, Pessac, Saint-Médard, Gazinet, Toquetoucau, Pierroton, Verdery, Chemin-de-Mios, Teste-Maure, Biart, Argentières, Canauley, Facture, La Leyre, Le Teich, Cantereine, Mestras, Gujan (une vingt-et-unième est ajoutée en 1844 : la gare de La Hume à Gujan-Mestras).
Une foule nombreuse emprunte le chemin de fer les tout premiers jours mais, par la suite, le nombre de voyageurs diminua fortement. Les amateurs de bains de mer furent moins nombreux que prévu. En 1842, la compagnie délivre des billets à prix réduits pour attirer la clientèle. Elle organise un service d’omnibus entre la gare de Ségur et le centre-ville. Mais rien n’y fit.
L’amélioration du confort des voitures n’y changea rien.
Au sujet de la compagnie Nezer, on lit, sous la plume de Jaques de Valserres en 1847 (Manuel de droit rural et d’économie Agricole) : « En 1765, la compagnie Nezer se forma pour la mise en valeur de 40,000 journaux ; mais cette compagnie, faute d’avoir à sa tête un homme intelligent, consacra 38000 journaux à la culture, et se contenta de planter seulement les 2,000 autres. La culture ne prospéra pas, tandis que les plantations, qui, à sept ans, donnaient déjà 7 %, d’intérêt, ont été vendues, 150,000 francs en 1831, c’est à dire trois fois la valeur de ce qu’avaient coûté les 40,000 journaux. »

29 avril 1842 Nécrologie de Charles-Henri Guilhe
Le 23 de ce mois est mort à Bordeaux, âgé de 86 ans, Charles Henri Guilhe qui a joué dans cette ville le rôle d’encyclopédiste littéraire et politique, dont il s’est fort adroitement acquitté. Il était professeur de philosophie au collège de Guienne tenu par les doctrinaires, lorsque la Révolution lui enleva son état. Il se livra alors à l’instruction particulière. Il monta une maison d’éducation dans laquelle il ne recevait que 30 pensionnaires à raison de 1500 F par élève. Il en eut des meilleures familles de la ville qu’il instruisait lui seul car il était tout à la fois professeur de grammaire latine et française, de rhétorique, de métaphysique, de mathématiques et de physique. Lorsque l’instruction publique fut rétablie, il fit créer par le préfet une chaire de théorie du commerce avec des appointements de 3000 F que la chambre de commerce payait. Cette institution qui n’est que du bavardage philosophique se maintient encore. Bientôt il y joignit à cette place celle de directeur de l’école des sourds-muets qu’il a conservé jusqu’en 1830, époque où des sous maîtres de cette école lui prouvèrent par leurs leçons qu’ils possédaient mieux que lui la pratique de l’art dans lequel il s’était donné comme très versé sans l’avoir jamais appris par principe. Alors il eut le bon esprit de prendre sa retraite en se faisant donner une bonne pension. Ces divers emplois l’ont mis à même de se créer de bonnes rentes, ayant des goûts simples et de l’ordre dans sa manière de vivre. Comme il se mêlait aussi de littérature et de haute science, il parvint à réunir divers amateurs des arts et en forma la société d’histoire naturelle et des belles-lettres qui devint depuis l’académie des sciences de cette ville. Il composait pour cette société, dont il était le coryphée, des dissertations historiques et des vers badins pour les séances publiques. Mais il eut le bon esprit de ne jamais les faire imprimer. Cependant, en 1835, il se détermina à publier un résumé des Chroniques bordelaises, de l’Histoire de Bordeaux par Dom Devienne et de la Continuation que j’ai donnée de ces deux ouvrages en 1803 sous le titre d’Annales de Bordeaux jusqu’en 1789. Cette compilation était intitulée : Etudes sur l’histoire de Bordeaux, de l’Aquitaine et de la Guienne depuis les Celtes jusqu’en 1789, in 8 de 346 pages. Trois considérations toutes personnelles déterminèrent Guilhe à faire cette publication : 1 – Il savait qu’un professeur d’histoire du collège de cette ville nommée Rabanis travaillait à une Histoire de Bordeaux. Il espérait déterminer ce dernier à renoncer à son projet à la vue d’un livre dont le titre seul remplissait l’attente du public ; 2 -L’académie des sciences de cette ville avait ouvert l’année précédente un concours pour la continuation de l’histoire de Bordeaux depuis 1675, époque où s’arrêtait notre dernier historien, jusqu’en 1834. Il présumait que personne ne concourrait au prix proposé à la vue de son livre, que l’on craindrait de l’avoir pour concurrent, s’il se présentait au concours en ajoutant à son travail les événements qui le menait jusqu’en 1834, époque indiquée par l’académie ; 3 – Les amis qu’il avait dans le conseil municipal lui avait promis d’y faire délibérer l’impression de son livre aux frais de la ville, ce qui a eu réellement lieu. Et, dans ce cas, son amour-propre était satisfait sans qu’il lui en coûte rien. Cependant les deux premiers dessins de Guilhe n’ont pas été accomplis car Rabanis ne renonça pas à son projet d’écrire l’histoire de Bordeaux quoiqu’il l’ait assez imparfaitement exécutée. D’un autre côté, l’académie distribua son prix de la continuation de l’histoire de cette ville et c’est moi qui l’obtins en me présentant au concours malgré l’annonce du livre de Rabanis et la publication de celui de Guilhe. Au reste, cette dernière publication est bien loin d’avoir satisfait l’amour-propre ainsi que les vues intéressées de son auteur. Les études sur l’histoire de Bordeaux ont singulièrement nui à la grande réputation littéraire que Guilhe avait usurpée. On n’a vu dans cet ouvrage qu’un fragment décousu de l’histoire de Bordeaux, formée de ce qu’avaient écrit les précédents historiens de cette ville et présenté sans intérêt aucun. Ce qu’il y a de positif à ce sujet, c’est que la production mort-née de notre auteur, quoique dédiée à la ville de Bordeaux, estampillée du cachet de ses armes et précédée d’une délibération qui en ordonne l’impression aux frais du trésor communal au nombre de 500 exemplaires, lesquels seront remis à l’auteur en témoignage de gratitude de la cité, que l’édition de ce livre existe en ce moment chez l’imprimeur au nombre de 409 exemplaires en feuilles.
Il n’est pas arrivé un pareil échec à un petit ouvrage publié par le défunt en 1793 sous ce titre : le catéchisme du citoyen. On n’en trouve plus aucun exemplaire. Il est vrai que Guilhe s’est efforcé, par lui ou par ses amis, de les retirer de la circulation depuis 1796, époque où il s’aperçut que la doctrine prêchée dans ce pamphlet n’était plus de mode. Cette doctrine était celle du contrat social mis à la portée des sans-culottes d’alors dont notre docte catéchiste était un intéressé partisan. Nous l’avons entendu faire l’apologie de Marat et consorts dans la section Michel Montaigne sur le territoire de laquelle nous habitions ainsi que notre auteur.
Quoi qu’il en soit, feu Guilhe était un homme doux et de beaucoup d’esprit et d’instruction qui, parce qu’il parlait agréablement de tous, voulait faire croire qu’il n’ignorait de rien. Quelques personnes avec lesquelles il vivait l’ont cru ou ont feint de le croire parce qu’on ne veut pas discuter avec un homme aimable et poli qui peut parler plus longtemps que son contradicteur. Guilhe avait plus de savoir-faire que de savoir. La partie dans laquelle il primait était l’enseignement des langues, la métaphysique et la dialectique. C’était un bon professeur dans ces sciences ; dans toutes les autres, c’était un homme superficiel. Il y joignait à cela le tact des convenances et de l’adresse pour en profiter. Il faisait des vers galants, de la morale, de la physique, de l’histoire à volonté et suivant ce que ses intérêts lui commandaient ; mais il eut l’adresse de suivre et d’abandonner à temps les opinions du jour parce qu’il n’en avait réellement aucune.
Dieu fasse paix aux pauvres trépassés.

Dans la Biographie Universelle de 1857, on trouve ce portrait :
« Guilhe (Henri-Charles), littérateur, poète languedocien, né à Villemagne, petite ville du département de l’Aude, le 22 avril 1756 … Vers le commencement de la révolution, il se rendit à Bordeaux. Peu connu dans cette grande ville, il donna d’abord des leçons particulières. Pressé par le besoin, il mit souvent sa plume à la disposition du public. On assure qu’il composa même des sermons pour un prêtre assermenté Plus tard, il obtint la chaire municipale de commerce, établie près de la Bourse. Enfin, il fut nommé administrateur de l’École royale des sourds et muets. Il dirigea cette École avec l’aide de l’abbé Goudelin, aujourd’hui jésuite à Castres. Guilhe se maria à l’âge de soixante- quatorze ans avec une parente du ministre Martignac (Eugénie de Morian), dont il avait été le maître et le bienfaiteur, et qui l’épousa par reconnaissance et par dévouement. Elle mourut malheureusement avant lui. Guilhe a terminé ses jours au mois de mai 1842. … outre la rhétorique et la philosophie, il avait cultivé l’histoire, les langues anciennes, la poésie et même l’histoire naturelle. Il faisait partie de la société linnéenne de Bordeaux. Vers la fin de ses jours il reçut la croix de la Légion d’honneur. Ses ouvrages en français sont : 1° Etudes sur l’histoire de Bordeaux, grand in-8″ (imprimées aux frais de cette ville) ; 2° Histoire de Toulouse et du Lauragais, in-8° ; 3° Histoire de Carcassonne ; 4° Histoire de Villemagne, in-8° ; 5° Eloge funèbre de monseigneur de Cheverus , archevêque de Bordeaux ; 6° un grand nombre de Discours relatifs aux sourds et muets, parmi les quels on en remarque un sur et contre l’éclectisme …Dans ses œuvres françaises, Guilhe parait plus ou moins didactique, mais toujours simple et clair. Dans ses poésies languedociennes, il est doux, correct, quelquefois élégant; mais il ne brille pas par l’énergie, et ne s’élève jamais bien haut. On lit ses vers avec plaisir, parce qu’ils ont de la rapidité et de l’entrain. Malheureusement ils manquent souvent de sel et plus souvent d’originalité. »

9 juin 1842 Entreprise du chemin de fer
Ainsi que nous l’avons déjà remarqué, l’entreprise du chemin de fer de Bordeaux à La Teste et ruineuse pour ceux qui l’ont tentée. La preuve de cette allégation se trouve dans la demande d’emprunt de 2 millions que sollicitent ces spéculateurs téméraires. Le projet de loi d’autorisation de cet emprunt, proposé à la chambre par le gouvernement, vient d’être rejeté par cette même chambre. Les emprunteurs pestent contre ce rejet et les gens sensés s’accordent à en reconnaître la justice. Un chemin de fer au milieu des Landes et aboutissant à une impasse était un projet fou et il était encore plus fou de prêter à ses auteurs un capital qui n’aurait jamais pu être remboursé. Les directeurs de cette entreprise sont des juifs qui ont séduit des capitalistes crédules pour se créer la gérance d’un établissement chimérique. Avec les 2 millions qu’ils demandaient au gouvernement de leur prêter, il n’aurait fait que de deux ans leur banqueroute inévitable. La compagnie de fertilisation qui s’est établie à La Teste est menacée d’une pareille catastrophe. La compagnie de Nezer, qui avait entrepris la mise en culture de cette contrée en 1770, abandonna au bout de quatre ans un semblable projet. Nos nouveaux colonisateurs auraient dû profiter de cette leçon. Un sol aride ne saurait payer le travail coûteux qu’on y emploie.

11 juin 1842 La font de l’or et M. Jouis
On a commencé hier à abattre la palissade et l’allée d’arbres que M. Jouis avait formées sur le pied de la Font de l’Or où il remplissait et abattait à son aise les barriques que les navires en chargement apportaient pour y prendre leur provision d’eau que ce particulier prétendait avoir acquis par prescription le droit de vendre à son profit à cette fontaine dont il était le fontainier salarié par la ville. Un jugement, confirmé par la cour royale il y a six mois, avait reconnu que l’autorisation donnée en 1763 à son père d’établir un tuyau venant de la Font de l’Or pour y remplir d’eau les tonnes des navires en partance, ne lui donnait pas le droit d’ouvrir à cet effet un chantier clôturé pour cette opération et que, quoi qu’il jouit par tolérance de ce chantier, il n’en avait pas prescrit la propriété sur le quai qui est du domaine public. La cour avait condamné M. Jouis à déguerpir de ce local dans un mois. Il ne s’était pas pourvu en cassation contre cet arrêt, ni ne songeait à l’exécuter. La mairie a fait procéder à la démolition du dit chantier aux frais du condamné récalcitrant. Il était temps que sa prétention extravagante prit fin et que le pied de la Font de l’Or fut débarrassée d’un chantier qui en empêchait la circulation.

24 juin 1842 Le poète gascon Jasmin (voir 20 septembre 1835)
Le poète gascon Jasmin a donné hier une soirée littéraire chez un de ses compatriotes, avocat établi à Bordeaux. Il a lu quelques-uns de ses nouveaux opuscules dont il venait de régaler les amateurs de Paris où il a été se produire. On dit que le directeur des spectacles de Bordeaux, qui voudrait forcer ses recettes, lui a proposé de donner une séance au Grand théâtre à moitié bénéfice et que Jasmin a longtemps hésité avant de refuser la proposition. On s’extasie du troubadour agenais à Bordeaux comme le premier qui ressuscite la langue gasconne, comme si cette ville n’avait pas eu son poète populaire dans la personne de Verdié qui est mort en 1819 après avoir publié plusieurs opuscules gascons pleins de gaieté et d’originalité.

25 juillet 1842 « Jalousie de métier » à propos de Alex Ducourneau
Il y a trois mois qu’on a commencé à publier par livraisons de deux feuilles in 4 et autant de lithographies un livre intitulé : la Guienne historique et monumentale par Alex Ducourneau, auteur de l’histoire du département du Lot-et-Garonne avec la collaboration de [illisible]. Nous avons jusqu’à présent supercédé à l’examen de ce livre afin d’en bien connaître le plan et l’utilité. Il y en a actuellement 20 livraisons publiées c’est-à-dire 162 pages et 43 lithographies. Comme cette entreprise est exécutée d’une manière toute nouvelle, nous exprimerons notre sentiment sur la forme et sur le fond, non seulement d’après notre opinion personnelle, mais d’après celle du public afin qu’on ne puisse pas croire qu’il y ait ce qu’on appelle jalousie de métier de notre part. Nous n’avons jamais songé qu’à faire l’histoire de Bordeaux et nous avons constamment désiré de voir quelques savants entreprendre celle de la province, car notre diable n’a jamais projeté sa vue sur un si vaste horizon.

Suivent deux pages de critiques de cet ouvrage.

4 août 1842 Coureau, constructeur d’un bassin de carénage
On fait dans ce port l’expérience d’un bassin mobile pour le carénage des navires, inventé par M. Coureau, constructeur. Cet appareil mécanique n’a pas paru suffisant pour radouber à volonté un navire tout chargé. L’inventeur a assuré qu’il le porterait incessamment à la perfection désirable. Il s’est formé une compagnie pour fournir aux frais de ce bassin de carénage.

10 août 1842 Stabat de Rossini
On exécute au casino le fameux Stabat de Rossini. C’est un morceau de musique d’un nouveau genre. Il n’a pas fait ici une grande sensation.

Le Stabat Mater fut donné pour la première fois dans sa version définitive à la Salle Ventadour du Théâtre-Italien à Paris, le 7 janvier 1842. Les frères Escudier rapportèrent que: « Le nom de Rossini fut scandé dans un tonnerre d’applaudissement. La totalité de la pièce transporta l’audience; le triomphe fut complet. Trois numéros furent bissés …et l’audience quitta la salle saisie d’une admiration qui gagna rapidement tout Paris. »
En mars, Gaetano Donizetti conduisit la première italienne à Bologne avec un franc succès : « L’enthousiasme était indescriptible. Après la dernière représentation, à laquelle Rossini assistait, il fut même raccompagné chez lui sous les acclamations de plus de 500 personnes. La même chose survint sous sa fenêtre suite à la première, à laquelle il n’était pas apparu. »

15 août 1842 L’aéronaute Kirchs (ou Kirsh ou Kirsch) à Arcachon
Le saltimbanque Kirchs, qui a déjà fait quelques expériences aérostatiques à Bordeaux, a lancé aujourd’hui son ballon à La Teste. Il est tombé dans le bassin d’Arcachon où il se serait noyé sans de prompts secours. Cette expérience lui a très peu rendu comme on pense car les habitants de la Teste et ceux des environs sont peu curieux et fort économes. Il avait été attiré dans ce lieu par la compagnie des chemins de fer qui, comptant que ce spectacle lui procurerait bon nombre de voyageurs, avait accordé des facilités à l’aéronaute, soit en voiturant gratis son appareil, soit en lui cédant le local spacieux qu’elle possède à La Teste pour établir son spectacle. La spéculation a trompé les prévisions des divers spéculateurs.

L’aéronaute Kirsh, un ancien sous-officier, avait l’habitude de transformer ses ascensions en véritables spectacles de foire. Il est resté célèbre pour un accident survenu à Nantes, où son ballon s’est envolé avec un jeune garçon, nommé Jean Guérin, accroché à une corde. Il est monté jusqu’à 300 mètres puis a regagné le sol sans encombre.

31 août 1842 Les livres de Guilhe remisés
L’édition entière du livre intitulé : Histoire de Bordeaux et de l’Aquitaine depuis les Celtes jusqu’à la révolution française par M. Guilhe est portée dans les greniers de l’hôtel de ville, l’imprimeur étant embarrassé des 960 exemplaires brochés qu’aucun libraire n’a voulus se charger de vendre depuis six ans qu’ils sont imprimés et brochés aux dépens de la ville. C’est dans un volume de 316 pages que l’auteur a prétendu renfermer non seulement l’histoire de Bordeaux mais encore celle de la province depuis les Celtes. Il y a joint neuf chapitres qu’il appelle additionnels et qui ne contiennent que des remplissages sur le commerce, l’esprit public, les progrès des sciences et des arts depuis les ministères de Richelieu et de Colbert. On ne peut voir rien de plus superficiel sur l’histoire du pays que ces prétendues études que leur auteur termine par cette naïveté que ses lecteurs peuvent prendre au pied de la lettre : « Je réclame de nouveau l’indulgence de mes critiques ; ils me pardonneront mes oublis, mes inadvertances, mes redites et mes erreurs. »
Eh ! qu’allait-il faire dans cette galère ?

4 septembre 1842 Mort du médecin Moulinier
La société d’agriculture a distribué ses prix à Gradignan. Après cette opération, on allait se mettre à table quand M. Moulinier, médecin de Bordeaux un des convives, a été frappé d’un coup d’apoplexie foudroyante et tout le monde s’est retiré devant un bon repas préparé.

7 septembre 1842 A propos de la suette milliaire
Le docteur Bonnet, professeur de pathologie à l’École de Médecine de Bordeaux, publie un pamphlet de 30 pages intitulé : Du mode de propagation de la suette milliaire et des moyens préventifs qu’elle réclame. Il disserte longuement pour déterminer si cette maladie est une épidémie, une contagion, ou une infection et si elle se communique par le contact immédiat ou par l’air. Il est difficile de connaître au vrai quelle est à cet égard l’opinion de l’auteur. Ce qui est positif, c’est qu’il ne donne pas le moyen curatif de cette affection, quoiqu’il soit allé sur les lieux étudier et soigner ceux qu’il appelle suettés. Nous devons consigner à cette occasion que la suette dont il s’agit est une sorte de fièvre qui, après avoir fait beaucoup de ravages dans le département de la Dordogne dans le printemps et dans l’été de 1841, s’est manifestée sur la fin de l’été actuel dans le département du Lot-et-Garonne et surtout dans l’arrondissement de Marmande où il a fait plus de peur que de mal. Au demeurant, nos docteurs périgourdins, agenais et bordelais ont été en grand émoi à l’endroit de cette maladie et ont gagné beaucoup d’argent, tout en différant sur sa cause et sur le traitement qu’elle nécessite, soit pour s’en garantir par des précautions hygiéniques, soit pour la combattre et pour la guérir par des remèdes.

30 septembre 1842 La Porte des Trois Maries
On vient de découvrir, en regrattant la façade de la maison qui fait le coin des rues des Trois Maries et du Mû, une inscription portant ces mots : « Ici était la porte des trois Maries qui a été démolie en l’an 1728. » Il serait à désirer qu’on eut placé de pareilles inscriptions partout où l’on a démoli quelque édifice public.

9 novembre 1842 Nouvelle numérotation des rues de Bordeaux
On commence à poser de nouveaux numéros aux maisons de Bordeaux et les inscriptions des rues dont plusieurs porteront de nouveaux noms. Quoi qu’on se soit occupé depuis quatre ans de ce travail à la Mairie, il n’en a pas mieux été exécuté pour cela.

22 novembre 1842 Concurrence de viographes
Le 18 de ce mois a commencé à apparaître dans l’Indicateur le premier numéro d’un feuillet sous le titre peu français : Chronique des anciennes rues et édifices de Bordeaux. On donne ce travail comme fait par une société d’archéologues d’après les manuscrits de l’abbé Baurein pour remplacer la revue des rues de Bordeaux que j’ai publiée dans ce même journal l’an passé et que j’ai refusé de continuer sous le titre du Viographe. Ces prétendues chroniques sont une nouvelle édition des Mémoires et recherches sur les rues de cette ville, imprimés dans les Affiches de Bordeaux de 1778, dont Baurein est l’auteur. Ici c’est M. Brunet, bel esprit intrigant du pays, qui s’est fait l’éditeur du bonhomme Baurein, uniquement pour empêcher la publication prochaine de mon Viographe bordelais, après m’avoir surpris le secret de mon projet. Cet homme de lettres n’est qu’un jaloux intrigant qui ne fait rien et nuit à qui veut faire. Il s’est également inscrit dans le parti des sucriers et des vinicoles et s’est fait nommer leur délégué auprès du gouvernement auprès duquel il sollicite quelque place lucrative. Nous espérons avoir l’occasion de démasquer incessamment ses roueries patriotico-légitimistes.

Le 20 décembre 1842 Leg de M. Johnston
M. Nathaniel Johnston, ancien négociant de Bordeaux, vient de mourir sur son domaine de Floirac et a légué 50 000 F à l’église de cette commune, plus 800 000 F à l’hôpital Saint André de Bordeaux et pareille somme aux pauvres de cette ville. On dit que ses héritiers veulent faire casser ce testament, disant que celui qui l’a fait ne jouissait pas de la plénitude de sa raison.

Extrait du Bulletin des lois de la République française : N° 18.508. « ORDONNANCE DU ROI (contre-signée par le ministre de l’intérieur) qui autorise l’acceptation des legs suivants faits par M. Nathaniel Johnston, savoir : le premier, de 800,000 francs, mais jusqu‘à concurrence de 450,000 francs seulement, aux hospices de la ville de Bordeaux (Gironde); le deuxième, également de la somme de 800,000 francs, mais jusqu’à concurrence de 450,000 francs seulement, au bureau central de bienfaisance de ladite ville de Bordeaux; et le troisième, de 50,000 francs, mais jusqu’à concurrence de 30,000 francs seulement, à la commune de Floirac, même département. (Paris, 10 Avril 1844)

Publicités